Être protestant ou être réformé ?



Question 1: "Qu’est-ce qu’un-e protestant-e?"
  • Sociologiquement, c’est celui ou celle qui se déclare chrétien-ne et qui n’est ni catholique-romain-e, ni orthodoxe. 
  • Historiquement, c’est celui ou celle qui se situe du côté de la Réforme du 16e siècle. 
  • Théologiquement, c’est celui ou celle qui affirme trois refus (selon le théologien français Laurent Gagnebin): 
  • Le refus de faire d’un homme, le pape, le représentant de Dieu sur terre. 
  • Le refus de faire d’une femme, Marie, une intermédiaire entre Dieu et les êtres humains. 
  • Le refus de faire d’une chose, l’hostie, le corps du Christ.

Question 2: "Qu’est-ce qu’un-e réformé-e?"
  • C’est un-e protestant-e qui se réclame de la théologie du Suisse Huldrich Zwingli, des Français Guillaume Farel et Jean Calvin, de l’Écossais John Knox. 
  • C’est un-e protestant-e qui déclare appartenir à l’une ou l’autre des Églises réformées (indépendantes et souvent nationales) implantées sur les cinq continents. 
  • C’est un membre de la famille protestante: 
  • Il/elle a des frères et sœurs (presque jumeaux) chez les luthériens. 
  • Il/elle a des cousin-e-s  (plus ou moins proches) dans d’autres Églises protestantes (adventistes, baptistes, évangéliques, méthodistes, etc.) et chez les anglicans. 
  • Il/elle a des parents qui ne veulent pas entretenir de relations avec lui: les Témoins de Jéhovah, les Mormons, etc.

Question 3: "La multiplication des Églises protestantes est-elle un problème?"
  • Non, elle est un reflet de la diversité humaine. 
  • Non, tant que les protestant-e-s ne se battent pas pour imposer leur avis comme la seule et unique vérité (ce qu’ils ont fait parfois). 
  • Non, tant que les protestant-e-s  admettent que leurs Églises sont et seront toujours imparfaites (Semper reformanda)

Question 4: "Y a-t-il un principe commun à tous les protestants?"
  • Oui, il y en a même trois: 
  • Rien n’est sacré hormis Dieu (Soli Deo gloria). 
  • Personne ne mérite son salut, mais Dieu le donne gratuitement (Sola gratia) et l’être humain peut lui faire confiance (Sola fide). 
  • La Bible est le seul juge de la théologie (Sola Scriptura). 
  • En protestantisme, le mot-clef, c’est celui de "liberté" : liberté de croire librement parce que Dieu donne à chacune et à chacun son Saint-Esprit (Témoignage intérieur du Saint Esprit ou TISE).

Question 5: "De quelle liberté parlons-nous?"
  • En bon protestant, je vais chercher la réponse dans la Bible. 
  • Selon l’Évangile de Jean (chapitre 8), Dieu libère du péché, c’est-à-dire de ce qui nous empêche d’être pleinement et  véritablement humain. Dieu libère de l’obligation de "bien faire", de "réussir sa vie". 
  • Être chrétien-ne permet d’admettre que l’on est à la fois juste et pécheur (Simul justus simul peccator), c’est-à-dire, finalement, terriblement humain-e.

Question 6: "La liberté chrétienne n’est-elle que spirituelle?"
  • Non, elle est aussi sociale et politique. 
  • Tout au long de la Bible, Dieu voit la misère, entend les cris; il guérit les malades; il libère les prisonniers; il ramène les exilés. 
  • Il encourage à réformer la société, à la rendre plus juste, plus humaine. 
  • Je peux maintenant répondre à mon ultime question fondamentale: "Être protestant ou être réformé ?"
  • Protester est toujours plus facile que réformer. 
  • Je suis moi-même souvent plus protestant que réformé (dans ce domaine aussi, je suis imparfait). 
  • Mais pour permettre la liberté que Dieu donne, je dois toujours rester un protestant-réformé. 
  • Protester est mon droit; réformer est mon devoir. 

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