Des corbeaux ou des Arabes ?

Bible-Info N°3, 2017, rubrique Le coin du traducteur :

"Tu boiras de l’eau du torrent et c’est aux corbeaux que j’ai ordonné de te nourrir là. Telle est la parole que l’Eternel adresse à Elie, près du torrent de Kerith (1 Rois 17.4, Segond 21).

La plupart des versions françaises parlent de corbeaux, en dépit de l’aspect étonnant du phénomène. Les lecteurs de La Bible: Nouvelle traduction, éditée par Bayard, voient, eux, des Arabes recevoir l’ordre divin de nourrir le prophète.

Le texte hébreu traditionnel (massorétique) porte ‘orebim, qui signifie «corbeaux». «Arabes» se dit ‘arebim.

Quand on se rappelle que les manuscrits originaux ne comportaient que des consonnes (ici ‘rbim), on peut légitimement penser qu’il y a eu une erreur de la part des massorètes et conclure qu’il faut corriger leur lecture du texte. Après tout, il est plus probable que ce soient des êtres humains qui aient nourri Elie!

Cela dit, face à une conjecture, aussi séduisante soit-elle, il importe de vérifier ce que disent les traductions anciennes. (c'est nous qui mettons en gras)
Or, la version grecque des Septante porte «corbeaux». Aucun manuscrit connu ne parle d’«Arabes». Le texte biblique semble donc bel et bien évoquer des oiseaux et non des êtres humains. Nous n’avons pas la liberté de le modifier parce qu’il heurterait une pensée marquée par le rationalisme et le refus du surnaturel..." (fin de citation)

Remarquez que, bien que les massorètes aient (pour une fois... :-) la bonne traduction, il est plus prudent d'aller voir "ce que disent les traductions anciennes", en particulier la Septante.

Une fois de plus : pourquoi ne pas prendre systématiquement la Septante, Bible des premiers chrétiens, plutôt que de jouer aux contortionnistes ?