Michel Onfray, évangéliste du 21ème siècle

Évangile veut dire "bonne nouvelle". Onfray, briseur d'idoles, nous rend un service inestimable en répandant la bonne nouvelle de ce que n'est pas Dieu. Dans tout ce qu'il en dit, en effet, nous découvrons un Dieu complètement étranger au véritable homme de foi (1). Ce Dieu-là est le Dieu des religieux "chrétiens" de tous bords, idolâtres, moralisateurs hypocrites, manipulateurs de foules, inquisiteurs, fomenteurs de bûchers et de croisades.

Pour Onfray, l'expérience du réel est primordiale. Encore une fois, il est dans le vrai : "le chrétien sait qu'il est chrétien parce qu'il a vu, entendu, senti et vécu le Christ" (A de Mello). Le Dieu qu'il décrit est celui de ceux qui ont entendu parler de Dieu, qui s'en sont fait une image taillée, qui en ont une idée-olâtrie. Le Dieu qu'il ne connaît pas - et qui par conséquent n'est pas dans son viseur - est Celui qui EST.

Onfray est le philosophe des petites gens : Jésus est le sauveur des petites gens. Dieu suscite au cours de l'Histoire des acteurs du tri ("jugement") entre personnes, ainsi qu'à l'intérieur de notre être, entre ce qui est sauvé et ce qui est perdu.

La sagesse suprême, pour Onfray, consiste à aimer son destin : la Bible n'enseigne rien d'autre (remercier Dieu pour toutes choses). Cette sagesse manque à la majorité de ceux qui se disent chrétiens (disciples de Christ, le oint de Dieu).

Si vous vous sentez visé(e) par ce que dit Onfray au sujet de Dieu, posez-vous la question : mon Dieu est-il bien le Dieu véritable, celui révélé par les Évangiles ? Si mon Dieu est celui qu'Onfray décrit, ne me suis-je pas fourvoyé, trompé de chemin ?

Sur Dieu, sur la primauté de la réalité, sur l'accueil du destin, Onfray a vu juste. Pour tout cela nous disons : merci, frère Michel. Et puisse Dieu t'accorder ton chemin de Damas.




(1) véritable homme de foi : celui qui est en relation directe avec Dieu