Le semeur et le grec

Dans les traductions de l'Ancien Testament (Semeur, NBS, p.ex.), vous trouverez à de nombreuses reprises en note de bas de page - dans les Psaumes p.ex. - une allusion au texte de l'ancienne version grecque, différent de celui présenté dans le corps de la page - traduit, lui, à partir de l'hébreu massorétique.

(On trouve aussi comme notes de bas de page : hébreu obscur, la LXX a...)

Si ce texte est de plus cité dans le Nouveau Testament, cette note de bas de page précise cité dans [réf. NT] d'après l'ancienne version grecque - pour avertir que le texte du NT qui cite ce texte de l'AT est différent.

Ainsi donc, le texte hébreu d'où est traduit ce texte de l'AT n'est pas le même que celui que possédaient les auteurs du NT lorsqu'ils ont rédigé leur évangile, leur lettre, etc. Cette ancienne version grecque est la Septante (LXX) - mais sa source hébraïque est identique, selon les témoignages des juifs de l'époque de la rédaction de la LXX.

Le St-Esprit, qui a inspiré le NT, a donc utilisé ce texte ancien lorsqu'il cite ces passages de l'AT, attestant que c'est bien ce texte qui est agréé de Dieu, et non pas le texte utilisé actuellement pour traduire l'AT.

Le texte grec de la LXX a été traduit avant l'ère chrétienne, par les juifs, à partir de la version hébraïque de l'époque, pour les juifs de la diaspora ne parlant pas hébreu. Le texte hébreu massorétique est une version plus tardive, fixé (entre autres par ajout de voyelles) après la séparation entre juifs et chrétiens (*).

Malgré cela, nos traductions actuelles de l'AT sont faites sur le texte hébreu massorétique, qui n'est donc pas celui qu'avaient en leur possession les auteurs du NT, qui traduisaient à partir du texte hébreu de l'époque lorsqu'ils citaient l'AT - ou qui utilisaient le grec de la LXX, identique quant au sens.

Il serait plus simple de traduire l'AT directement à partir des textes anciens, plutôt que de les mettre en notes de bas de page - ceci éviterait le trouble que suscite la découverte de différences lorsqu'on compare les textes de l'AT avec ceux du NT qui les citent.

La suppression de passages est un autre cas de modification, plus frappant. Par exemple, le psaume 145 est un psaume alphabétique - chaque phrase commence par une lettre de l'alphabet hébreu. Au verset 13, il manque dans la version massorétique la phrase commençant par la lettre nun - que l'on retrouve cependant dans la LXX et dans les manuscrits hébraïques de Qumrân (d'autres textes de l'AT cités dans le NT ont été supprimés de la version hébraïque actuelle - p.ex. le texte cité en Romains 3:13–18).

Pour en savoir plus : Textes traitant de la Septante

A vous de vous faire votre opinion.

(*) Lors de ce divorce entre juifs et chrétiens, "La lecture qu'ils (les chrétiens) opèrent de l'Ecriture, pour y trouver l'annonce du Messie Jésus, est combattue par la Synagogue" (Un admirable christianisme, D. Marguerat, pp 13-14)