Ma présence dans l’univers a-t-elle un sens, ou suis-je simplement un accident ?

Auteur de cet article, Mike Poole est membre de Christians in Science. Il est auteur de plusieurs livres et de 70 articles à propos des rapports entre la foi et la science. Il est actuellement un « Visiting Research Fellow » en science et religion au département d’éducation et d’études professionnelles du King’s College de Londres. Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro de janvier/février 2006 du magazine Idea.

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Sommes-nous seuls dans l’univers ? Mesurant environ 2 mètres de haut et vivant environ 70 ans, avons-nous de l’importance dans un univers si grand et si vieux, si sombre et si froid ? Certains chrétiens pensent pourtant que nous sommes uniques dans l’espace, et d’autres pas. Certainement, disent certains, Dieu n’aurait pas placé tous ces animaux et ces plantes sur une planète, en laissant les autres vides. D’autres ont envisagé la-vie-telle-que-nous-la-connaissons comme unique. Ceux qui n’ont aucune sympathie pour le christianisme affirment que si la terre est la seule planète de son genre, la vie a certainement été un accident cosmique improbable et ne peut avoir été planifiée par Dieu. D’autres, tout aussi peu sympathisants du christianisme, ont affirmé que s’il y a d’autres planètes habitées, la terre ne peut pas être spéciale ou bien avoir été visitée par Dieu lors de l’incarnation (pile tu perds : face je gagne!).

Qu’il existe d’autres mondes habités ou pas, beaucoup de gens se sentent insignifiants lorsqu’ils lèvent les yeux lors d’une nuit étoilée. Le psalmiste, émerveillé par ce qu’il voyait s’exclama : « Lorsque je considère les cieux, l’œuvre de tes mains, la lune et les étoiles…qu’est-ce que-l’homme… ? ». Il aurait pu compter les 1500 étoiles visibles à l’œil nu s’il l’avait voulu. Nous savons maintenant que notre galaxie, la Voie Lactée, contient environ 100 000 000 000 étoiles. Et il existe encore 100 000 000 000 autres galaxies contenant chacune 100 000 000 000 étoiles. Nous ne pouvons pas imaginer de tels nombres. Le vieux stade de Wembley pouvait contenir 100 000 personnes, mais c’est difficile de se figurer  un million de stades de Wembley remplis de spectateurs- et ce n’est que le nombre d’étoiles dans une seule galaxie. Mais qu’en est-il des 99 999 999 999 autres galaxies ?

Il y a environ 30 ans, nous avons réalisé que si les constantes de la nature, comme celle de la gravitation, étaient un tant soit peu différentes, la vie telle que nous la connaissons n’aurait pu voir le jour. Comme dans l’histoire de boucle d’or et des trois ours dans laquelle la bouillie de bébé ours, sa chaise et son lit étaient « juste bien », il en est de même pour ces constantes. L’existence de ces « coïncidences cosmiques » a été baptisée « effet boucle d’or », bien que son nom plus sérieux soit le principe cosmologique anthropique. Afin d’estimer la précision de la valeur de ces constantes pour que la vie puisse voir le jour, selon ce que nous savons aujourd’hui, jetons un coup d’œil à la façon dont nous avons été créé :


En 1965, Penzas et Wilson, deux scientifiques étaient en train d’observer des signaux radio provenant de l’espace, lorsque leur expérience à été entravée par les interférences d’un bruit de fond persistant. Il s’agissait en réalité d’une découverte majeure. C’était comme si on venait de découvrir des cendres encore chaudes  mettant en évidence l’existence d’un feu dans le passé. Ce « feu » était le Big Bang lui-même et cette « chaleur » avait en réalité une température de 2.7°C au dessus de la température la plus basse possible : -273°C. Cette découverte a apporté une confirmation importante à la théorie du « Big Bang », qui est considérée aujourd’hui comme le point de départ de l’espace et du temps, quelque chose qui est pratiquement impossible à imaginer.


Dans ce Big Bang, il y a une guerre acharnée entre cette explosion initiale et la force de gravité qui cherche à arrêter l’expansion de l’univers. Voici ce qu’écrit le Professeur Stephen Hawking :

« Si la densité du Big Bang avait été plus grande d’une proportion de un sur mille milliards, l’univers se serait recondensé au bout de 10 ans. D’un autre côté, s’il cette densité avait été  plus faible du même montant, l’univers aurait été principalement vide au bout de 10 ans. »

Le professeur Paul Davies a calculé ceci de cette manière :

« …Si l’explosion avait été différente en amplitude dans une proportion de 1/ (1 suivi de 60 zéros), l’univers que nous connaissons aujourd’hui n’existerait pas. Pour donner du sens à de tels nombres, supposez que vous voulez atteindre une cible de 2.5cm à l’autre bout de l’univers, à 20 milliards d’années lumière. La précision de votre tir devrait être du même niveau. »


L’univers primordial était dominé par l’énergie. A partir de là, en l’espace de trois minutes, les éléments les plus légers : l’hydrogène et l’hélium se sont formés. A partir de ces éléments, les étoiles se sont développées à l’aide de la gravitation qui rassemblait la matière distribuée inégalement jusqu’à ce qu’il il y en ait assez pour qu’une étoile « s’enflamme ». Les étoiles sont comme les bombes contrôlées à l’hydrogène, des fournaises nucléaires géantes dans lesquelles les collisions des particules les plus légères sous haute pression et haute température fusionnent pour former des éléments plus lourds comme l’azote, le carbone et l’oxygène - les éléments nécessaires à la vie. Ce processus requiert beaucoup de temps - environ 10 milliers de millions d’années - après quoi, si l’étoile est assez grosse, elle termine son existence dans une explosion gigantesque qui disperse les nouveaux éléments nécessaires à la vie dans l’espace - notre commencement.


Si vous êtes romantiques, vous pouvez pensez que votre corps est fait de  « poussières d’étoiles »; si vous êtes plus prosaïques, vous pouvez considérer qu’il est constitué de « déchets nucléaires recyclés ».


Toutes sortes d’explications ont été avancées pour expliquer l’effet boucle d’or. L’une d’entre elles est l’existence d’ «univers multiples », parmi lesquels les constantes de notre univers sont simplement adaptées à l’apparition de la vie. Une autre se trouve dans le fait que notre univers aurait connu une phase de croissance préalable au cours de laquelle il aurait atteint la taille d’un grain de raisin. Pour l’instant,  l’hypothèse des univers multiples est de la « spéculation métaphysique », pour utiliser le jargon ; alors que la seconde repousse simplement l’effet boucle d’or un cran en arrière : « pourquoi les propriétés de l’univers primordial étaient telles que l’univers a connu une phase initiale de croissance qui a conduit à l’effet boucle d’or qui nous a donné naissance ? »

Ce qui émerge de ce qui vient d’être dit, c’est que le fait d’affirmer que nous sommes insignifiants parce que l’univers est si grand et si ancien est un argument qui se marche sur la tête. Puisqu’il a fallu tant de temps pour fabriquer les éléments nécessaires à la vie, et que l’espace s’étend à pratiquement la vitesse de la lumière, l’univers est énorme. Il est froid et très sombre parce qu’il s’étend rapidement.  S’il n’en était pas ainsi nous ne serions pas là. Les chrétiens (et les autres) peuvent y voir  comme une indication  de tout le temps et de toute l’attention que Dieu a mis pour nous créer, et du fait qu’il a un but pour chacune de nos vies.

(cliquez sur les images pour les visualiser en vraie grandeur)
   

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