Possédons-nous la vraie foi ?

Dans le plan divin du salut, la doctrine de la foi est centrale. Dieu adresse Ses Paroles à notre foi. Sans la foi, aucune vraie révélation n'est possible. Sans la foi, il est impossible de lui être agréable (Hébreux 11 : 6).

Tous les bienfaits qui découlent de l'œuvre expiatoire de Christ nous sont disponibles par le moyen de la foi. Le pardon, la purification, la régénération, le don du Saint-Esprit, les exaucements de nos prières, tout cela est donné par la foi et reçu par la foi. Il n'y a pas d'autre moyen. Il s'agit d'une doctrine évangélique fondamentale, reconnue et acceptée partout où la croix de Christ est comprise.

La foi est tellement vitale pour toutes nos espérances, tellement nécessaire à l'accomplissement de toutes les aspirations de notre cœur, que nous n'osons considérer aucune chose comme allant de soi en ce qui la concerne. Quelque chose qui entraîne des conséquences aussi graves, et qui peut même décider pour nous de l'enfer ou du ciel, est trop important pour être négligé. Nous ne devons absolument pas accepter d'être ignorants ou mal informés. Nous devons savoir.

Pendant des années, mon cœur a été troublé par la manière dont la doctrine de la foi était partout enseignée et reçue chez les Chrétiens évangéliques. Dans les milieux orthodoxes, on met beaucoup l'accent sur la foi, et cela est bon. Mais cela ne m'empêche pas d'être troublé. Tout particulièrement, je crains que la conception moderne de la foi ne soit pas biblique. Je crains aussi que, lorsqu'un enseignant utilise ce mot aujourd'hui, il ne lui fait pas dire ce que les auteurs de la Bible ont voulu lui faire dire quand ils l'ont employé.


Voici les raisons de mon trouble :

  1. Le manque de fruit spirituel dans la vie de tant de Chrétiens qui prétendent avoir la foi.
  2. La rareté d'un changement radical dans la conduite et l'apparence générale de ceux qui professent leur foi nouvelle en Christ comme leur Sauveur personnel.
  3. L'incapacité de ceux qui nous enseignent à définir et même à décrire ce que le mot de "foi" est censé vouloir dire.
  4. L'incapacité navrante d'une multitude de Chrétiens sincères à tirer quoi que ce soit de pratique et de satisfaisant de cette doctrine.
  5. Le réel danger qu'une doctrine dont tout le monde parle à tort et à travers, et que tellement de gens reçoivent sans discernement, soit une fausse doctrine pour tous ceux qui l'ont mal comprise.
  6. J'ai trop souvent vu la foi servir de substitut à l'obéissance, d'échappatoire à la réalité, de refuge contre la nécessité de réfléchir sérieusement, et de niche où peuvent se cacher les faibles. J'ai connu des gens qui ont appelé "foi" ce qui n'était que du courage inné, de l'optimisme naturel, de l'enthousiasme émotionnel, ou même un simple réflexe nerveux.
  7. Le bon sens le plus ordinaire devrait nous prouver que tout ce qui ne produit aucun changement chez l'homme n'est d'aucune utilité pour Dieu, et que c'est un fait aisément observable que des multitudes de gens ont continué à vivre de la même manière, avant et après avoir reçu la "foi."

Peut-être saurons-nous mieux ce qu'est la foi, si nous comprenons d'abord ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas le fait de croire qu'une chose soit vraie. L'intelligence humaine est ainsi construite qu'elle finit par croire, quand les preuves qui lui sont présentées sont assez convaincantes. C'est dans sa nature même. Quand les preuves sont insuffisantes pour convaincre, aucune foi n'est possible. Aucune menace, aucune punition, ne peuvent forcer quelqu'un à croire contre toute évidence. Certes, une foi fondée sur les arguments de la raison est aussi une forme de foi. Mais il ne s'agit pas de la foi biblique, car elle dépend de la qualité des preuves présentées, et n'a aucun caractère moral ou spirituel. De même, on ne peut reprocher à quiconque de ne pas avoir une foi fondée sur la raison, car ce sont alors les éléments de preuve, et non l'individu, qui en décident. Il serait profondément injuste d'envoyer en enfer quelqu'un dont le seul crime aurait été de pousser l'évidence jusqu'à sa conclusion logique. Justifier un pécheur parce qu'il aurait pris une décision intellectuelle en fonction de preuves solidement établies reviendrait à accorder le salut en fonction des lois habituelles de l'intelligence, que l'on appliquerait de la même manière à Judas ou à Paul. Le salut ne résulterait plus d'un acte de volonté, mais serait le fruit d'un raisonnement mental. Selon les Écritures  ce n'est certainement pas la caractéristique de la foi biblique.

La foi véritable repose sur le caractère de Dieu. Elle n'a pas besoin d'une autre preuve que celle des perfections morales de Celui qui ne peut mentir. Il suffit à la vraie foi de savoir que Dieu l'a dit. Si une déclaration divine contredit toutes les évidences de nos cinq sens et toutes les conclusions de la logique, celui qui possède la vraie foi continue pourtant à croire. "Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur" (Romains 3 : 4). C'est le langage de la vraie foi. Le Ciel approuve une telle foi, parce qu'elle s'élève au-dessus des simples preuves, et repose dans le sein de Dieu.

Au cours de ces dernières années, chez certains Chrétiens évangéliques, on a vu grandir un mouvement qui s'est efforcé de prouver les vérités de l'Ecriture en faisant appel à la Science. On recherche des preuves dans le monde naturel pour étayer la révélation surnaturelle. On a ainsi étudié les flocons de neige, le sang, d'étranges créatures marines, des oiseaux et beaucoup d'autres objets naturels, pour prouver que la Bible était vraie. Cela prétendait soutenir puissamment la foi.

L'idée était que si l'on pouvait prouver la véracité d'une doctrine biblique, cela stimulerait et développerait la foi. Mais ce que ces frères n'ont pas compris, c'est le fait même qu'ils aient éprouvé le besoin de rechercher de preuves pour faire accepter les vérités de la Bible ! Cela ne fait que prouver leur propre incrédulité fondamentale ! Quand Dieu parle, l'incrédulité dit : "Comment allons-nous savoir que c'est vrai ?" Le seul fondement de la vraie foi est le suivant : "JE SUIS CELUI QUI SUIS !" Creuser dans les roches ou sonder le fond des mers pour y trouver des preuves de la véracité de la Bible est une insulte à l'encontre de Celui qui l'a écrite. Certes, je ne crois pas que cela ait été fait intentionnellement. Mais je ne vois pas comment échapper à cette conclusion.

La foi biblique est simplement la confiance en Dieu et en Son Fils Jésus-Christ. C'est la réponse de l'âme au caractère de Dieu, tel qu'il nous est révélé par les Écritures  Et même cette réponse est impossible, sans un travail préalable du Saint-Esprit. La foi est le don de Dieu à une âme repentante. Elle n'a rien à voir avec les sens ni les données sensibles. La foi est un miracle. C'est une capacité que Dieu nous donne, et qui nous permet de faire confiance à Son Fils. Tout ce qui n'aboutit pas à une action, en accord avec la volonté de Dieu, n'est pas de la foi, mais quelque chose d'autre.

La foi et la morale sont les deux faces de la même pièce. En réalité, l'essence même de la foi est la morale. Toute foi professée en Christ comme Sauveur personnel, mais qui ne nous conduit pas à obéir complètement à la volonté de Christ, et à faire de Lui notre Seigneur, est une fausse foi qui finira par trahir sa victime.

Celui qui croit doit obéir. Le fait de ne pas obéir est une preuve convaincante du fait que la foi véritable n'est pas présente. Pour tenter l'impossible, Dieu doit nous donner la foi. Sinon, la foi est absente. Et Dieu ne donne la foi qu'à un cœur obéissant. Car la repentance ne consiste pas seulement à nous attrister de nos échecs et de nos péchés passés. C'est aussi une détermination à commencer maintenant à faire la volonté de Dieu, telle qu'Il nous la révèle.

A.W. Tozer (traduit de The Best of A.W. Tozer - Baker Book House, Grand Rapids, Michigan 49506, USA)

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