Hors contexte : oui et non

Les auteurs du Nouveau Testament réinterprètent fréquemment des versets de l’Ancien Testament d’une manière qui peut surprendre le lecteur moderne. [1]

Pour comprendre cette démarche, il faut distinguer l'exégèse moderne (qui cherche à savoir ce qu'un texte voulait dire à ses premiers auditeurs, dans son contexte historique et littéraire) et l'herméneutique théologique du Ier siècle (la manière dont les premiers chrétiens lisaient l'Ancien Testament).
1. La clé de lecture du Nouveau Testament : Jésus-Christ
Pour les auteurs du Nouveau Testament (comme Matthieu, Paul ou l'auteur de l'épître aux Hébreux), l'Ancien Testament n'est pas d'abord un livre d'histoire ancienne, mais une prophétie géante et un ensemble d'images dont Jésus-Christ est l'accomplissement ultime. [1, 2]
  • Ce type de lecture s'appelle une lecture typologique ou messianique : un événement ou une parole de l'Ancien Testament préfigure ou trouve son sens plein en Jésus.
  • Par exemple, lorsque Matthieu applique la phrase « J'ai appelé mon fils hors d'Égypte » (Osée 11:1) au retour de la fuite en Égypte de l'enfant Jésus, il sort historiquement Osée de son contexte (qui parlait du peuple d'Israël libéré de l'esclavage autrefois). Mais dans la logique de Matthieu, Jésus récapitule à lui seul toute l'histoire d'Israël : il est le vrai Fils de Dieu.
2. Les méthodes d'interprétation de l'époque
Les auteurs du Nouveau Testament utilisaient les méthodes d’exégèse juive de leur temps (celles du judaïsme du Second Temple, des rabbins ou des cercles de Qumrân), qui nous paraissent aujourd'hui très libres :
  • Le Midrash et le Pesher : On appliquait un texte ancien à la situation présente en considérant que l'Esprit qui a inspiré le texte s'adressait directement à la communauté actuelle.
  • Le télescopage des textes : Il arrive que des citations soient "mélangées" ou condensées (assemblant plusieurs versets de prophètes différents) pour exprimer une réalité spirituelle globale plutôt que de faire une citation littérale et historique.
3. Hors contexte ne veut pas dire "contre-sens"
En herméneutique biblique, on distingue deux choses :
  • Sortir un verset de son contexte pour lui faire dire le contraire de l'intention de l'auteur original (ce que l'on reproche souvent aux croyants aujourd'hui en leur disant "un texte hors contexte est un prétexte").
  • Réinterpréter un texte à la lumière d'un événement nouveau et supérieur (l'Incarnation et la Résurrection). [1, 2, 3]

Les auteurs du Nouveau Testament ne font pas de l'histoire ou de la philologie au sens universitaire du XXIe siècle ; ils font de la théologie événementielle. Pour eux, la venue du Christ est le "contexte ultime" qui redéfinit la lecture de toute la bibliothèque de l'Ancien Testament.


(d'après l'Aperçu IA de Google)


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